Il y a des moments où, en prenant un peu de recul, en essayant de se voir depuis un regard extérieur, on se demande vraiment ce que l'on est en train de faire, et .surtout comment, comment a-t-on pu en arriver là.
Par exemple, là, je pourrai me demander ce que je fiche, au juste, à 3 heures du mat, alors que j'ai cours demain, à me balader en sous-vêtements dans l'appartement de ma sœur en tenant une glace-fusée, parfum framboise-orange-citron comme celles de quand j'étais gosse, avec autant d'avidité qu'un junkie en manque qui serait enfin parvenue à se procurer une seringue et la dose qui est comprise dans le pack (avec d'ailleurs le même air halluciné que le dit junkie après avoir fait usage du dit pack).
C'est quand même dingue, les extrémités auxquelles peuvent nous conduire une simple et banale insomnie. C'est pas que ça vire au fatiguant (ce petit jeu de mot m'impressionne moi même par sa grande subtilité, dites donc). Mais ça serait pas mal, quand même de pouvoir tout simplement dormir... Non? Qu'en pensent les Instances Supérieures sensées contrôler le monde? Ai-je le droit de dormir?
Ben apparemment, non, vu que je suis ici au lieu de roupiller tranquillement. Donc, conclusion pratique, soit les fameuses Instances Supérieures n'existent pas, soit elles s'en battent l'œil avec une patte de zébu atrophié. Les croyants me rétorqueront qu'Elles ont certainement autre choses à faire : après tout, avec tout ces gens qui se tapent dessus, l'accueil d'HeavenLand est certainement overbooké. Ce à quoi je répondrai que, après deux semaines à dormir beaucoup moins que ce dont j'aurai besoin (et je peux vous le garantir, j'ai besoin de beaucoup de sommeil), et bien j'ai le droit de raconter de la merde. Voilà, na, vengeance ultime. Très mature, je sais.
L'insomnie... Ma meilleure ennemie. Elle, j'aurais du mal à m'en débarrasser avec des vannes...
